Gare de Châteauroux, prendre ses jambes à son cou et voir avec le contrôleur si, par bonheur, je peux embarquer au débotté. “Allez-y si vous voulez, mais ce n’est pas gagné : pour ce week-end de fin d’été, les places se sont arrachées.” Grimper à la va-vite dans le wagon, et là… séquence émotion. Un wagon sans siège. Au sol, une simple moquette beige. Un coup d’œil à droite, un coup d’œil à gauche pour voir assis en tailleur, trois moines venus d’ailleurs. Regards échangés, le temps de m’adapter et je me pose à leurs côtés. Sourires malicieux des représentants du Bienheureux avant que la conversation débute, en anglais. Vêtus d’orange, ces hommes étranges viennent du Cambodge pour leur enseignement délivrer. La SNCF venait d’inventer le billet Sérénité…
Au bout de quelques heures de parenthèses, la réalité reprend ses aises. Les moines me quittent pour suivre leur destinée vers un monastère bouddhiste bien français. Le temps de les voir s’éloigner sur le quai, comme pour poursuivre la rencontre, sur le sol en tailleur, je me reposai. Des histoires de rencontres, ce numéro en est truffé, du Cambodge au Vietnam, en passant par le Laos. A vous de vous laisser embarquer dans le train de la découverte, que l’on croise parfois sur le pas de sa porte.