Questions à... Haidar El-Ali

Questions à... Haïdar El-Ali, président de l'Océanium, association de protection
de l'environnement, et de la Fédération des partis écologistes et verts d'Afrique de l'Ouest.

 

  


  • Imprimer
  • Caractère
  • Commenter 0
  •  
  • Mes dossiers
  • Envoyer Envoyer
  • Partager

p046_ul131_senegal10.jpg ©

Ulysse : Keur Bamboung a été inauguré par la première dame
du pays, Viviane Wade. Vous êtes pourtant dans l'opposition...

Haïdar El Ali : Les autorisations sont ici difficiles à obtenir. Nous avons subi des pressions du Service régional des Pêches de Fatick, une ville au sud-est de Dakar. On voulait arrêter le projet de l'Aire Marine Protégée (AMP) du Bamboung. Vingt-huit pêcheurs ont signé une pétition, ils ne concevaient pas de devoir stopper leur activité dans ces eaux. Il fallait trouver une marraine. Ce fut Viviane Wade... Toutes les occasions sont bonnes pour mener un combat. Ce combat pour 0,02 % de l'espace de pêche du Sénégal.

D'où vous vient cette volonté de préserver l'environnement ?
Un ras-le-bol général. J'ai un centre de plongée, ma sensibilité fût d'abord liée au milieu sous-marin. La mer est destructible, comme la forêt du Sahara... Désert qui porte aujourd'hui son nom.

Y a-t-il d'autres endroits à protéger au Sénégal ?
Nous intervenons sur plusieurs fronts. À Matam, à l'est du pays, pour la sauvegarde des lamentins. À Tambacounda, une banque de micro finance (alliée avec le Burkina Faso et le Mali) soutient le projet "Plante ton arbre". Cinq cent mille palétuviers on été replantés dans une dizaine de villages en 2007. Plus au sud, nous travaillons au reboisement de la mangrove et à la création d'une AMP. Je souhaite intervenir aussi sur le nettoyage des fonds sous-marins en récupérant les filets de pêche "morts" qui errent et sont un véritable danger.

Recevez-vous des subventions ?
Pour les AMP, nous sommes épaulés par le Fond français pour l'Environnement mondial et par des fondations belges et françaises. Lo­calement, nous sommes soutenus par les eaux minérales Kirène et l'association Les Amazones de l'Environnement nous prête main forte en organisant des collectes. Il est important que les donnateurs soient cons­cients de l'impact de leur participation, même à petite échelle. C'est là une des clés fondamentales de nos projets.

Le pire ennemi de l'environnement ici, selon vous ?
Les feux de brousse... De mai à octobre, le Centre de suivi écologique en a compté 1 500. Ce sont presque toujours des incendies volontaires pour dégager le terrain à des chasseurs européens. S'ils voient bien le gibier, ils le tirent facilement. Plus le gibier est gros, plus leur guide est payé ! On allume aussi des feux pour la récolte du miel ou la fertilisation des sols. Mais ils ne sont jamais contrôlés.     ■