Marseille était en noir
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La cité phocéenne a accueilli le 25 septembre la quatrième édition de son salon du roman noir, organisée par l'Ecrit du Sud. De beaux chocs des cultures en perspective. |
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L'affiche du festival © DR
Il pleut sur Marseille alors qu’à Paris le ciel est radieux. Une petite pluie fine et pénétrante. Une musique glacée qui semble venir du Nord. Wendy
Guerra, une écrivaine cubaine, joliment brune, éclaire de son regard noir le public. D’une main, elle balance son parapluie. De l’autre, elle caresse son foulard Chanel. Elle flatte aussi son petit chien à la manière d’une « Paris Hilton », tropicale. « Je ne corresponds en rien au cliché de la Cubaine tel qu’on l’imagine en France. La métisse qui danse… », explique Wendy avec un sourire mutin. Dans la nuit qui tombe, ses yeux brillent comme des diamants polis. Elle vient de publier « Mère Cuba » (éditions Stock). L’année dernière, son précédent roman « Tout le monde s’en va » (ed Stock) avait rencontré un grand succès en France et en Espagne. Wendy Guerra vit toujours à La Havane. Dans son premier roman, elle racontait le départ de tous ses amis et parents qui ont quitté l’île de Fidel Castro. Selon El Pais, « Tout le monde s’en va » serait le meilleur roman de langue espagnol publié en 2006.

Un homme du Nord, un homme pressé, Noël Simsolo s’approche de Wendy, la sudiste. Autre continent, autre génération, Simsolo est un écrivain de romans noirs dont les récits se déroulent à Lille. Il s’est aussi rendu célèbre grâce à des ouvrages consacrés aux monstres sacrés du cinéma, notamment Clint Eastwood. Un passionné de Simenon en grande conversation avec une amoureuse d’Anaïs Nin. C’est aussi cela le salon du roman noir de Marseille. Le lieu de rencontres un peu folles entre des univers que tout semble opposer et qui pourtant se rapprochent inexorablement.

Outre le chien de Wendy Guerra, un autre animal de compagnie était aussi à l’honneur. Saucisse, l’animal de compagnie de l’écrivain
marseillais, Serge Scotto. Mais est-ce vraiment un animal de compagnie ? Il trône sur la table où signe son maître. Saucisse possède depuis longtemps sa page sur Facebook. D’autre part, il a été candidat à la mairie de Marseille : des milliers de voix se sont d’ailleurs portées sur son nom. Marseille est une ville un peu folle. « Elle inspire les écrivains. L’action de mon prochain roman s’y déroulera » explique Wendy Guerra, qui ne connaissait pas la France, quelques jours auparavant. Et découvre bien des points communs entre sa Havane natale et la cité phocéenne, ville dans laquelle elle effectue une résidence d’écrivain.

Mais Wendy regarde déjà vers Paris. Noël Simsolo aussi. Sylvie Cohen aussi. François Thomazeau aussi. C’est ça aussi Marseille. Paris y
penser toujours. N’en parler jamais. Simsolo s’extasie devant le superbe escalier qui mène à la gare Saint Charles et à Paris. «Je revois Fernandel
qui le descend. Cet escalier est omniprésent dans la cinématographie française. Rien qu’avec des extraits d’anciens films qui montrent cet escalier, l’on pourrait faire un court métrage passionnant sur l’histoire de Marseille » lâche-t-il en profitant du couché de soleil marseillais. Simsolo est toujours en verve. A l’affût d’un ultime bon mot. Un dernier pour la route. Tant de films encore à voir. Tant d’histoires à raconter. A écrire. Tant de bières à boire. Tant de femmes à rencontrer. Tant de voyages à coucher sur des pages blanches et nues.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l'association qui organisele festival : www.lecritdusud.com



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