And the winner is…

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La fin du festival approche et, comme tous les ans, le vendredi, c'est jour de prix. Avec son lot de surprises et des récompenses à des auteurs malheureusement peu traduits en France. 

Marc Fernandez  


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Marc Fernandez

Les lauréats 2009 de la Semana Negra © Marc Fernandez

Effervescence ce matin au bar de l'hôtel Don Manuel. Malgré l'heure matinale, certains ont même parlé d'horaire inhumain - 10h30, autant dire à l'aube à l'horloge Semana Negra, surtout quand certains des présents sont rentrés à leur hôtel aux alentours de 6 heures du matin - une centaine de personnes se presse et tente d'atteindre péniblement la salle à manger située au sous-sol. En bas, comme dans le train noir et dans l'enceinte du festival, le mot d'ordre est « bordel organisé ». Après quelques minutes de confusion (imaginez une centaine d'auteurs et de journalistes dans une même pièce après une semaine de fête), Taibo II obtient enfin le silence. Les membres des différents jurys sont présentés et chaque porte-parole annonce le ou les gagnants.

Ces prix sont symboliques et c'est pour cette raison qu'ils sont les plus importants dans la littérature de genre en langue espagnol. Pas d'argent et pas d'éditeurs (une tradition en Espagne où la plupart des récompenses sont données par des maisons d'éditions. « Une centaine de personnes participe à la présélection puis les membres de chaque jury se réunit discrètement durant la Semana Negra, explique Taibo. Pas de copinage, nous gardons secret les noms des jurés. Et je tiens à préciser qu'ils sont autonomes et indépendants, l'organisation du festival ne se mêle à leur débat et accepte sans réchigner leur décision. »

Cette année, la qualité est telle qu'il y a des ex-aequo. Le prix Hammet au meilleur polar en langue espagnol, le plus prestigieux, revient à l'espagnol David Torres (pour Niños de Tiza) et à l'argentin Guillermo Saccomano (pour 77). Deux excellents auteurs difficile à départager. Autre égalité avec le prix Memorial Silverio Cañada au meilleur premier polar en espagnol. Willy Uribe (Espagne, pour Se que mi padre decía et Rogelio Gedea, Mexique, pour Conducir un trailer) l'emportent haut la main. Le prix Walsh à la meilleur œuvre de non fiction est décerné à l'unanmité par un jury enthousiaste à l'espagnol Carles Quiles (pour Mala Vida), un recueil de faits-divers à Barcelone par l'un des meilleurs spécialistes du genre. « Enfin, il était temps, a-t-il déclaré ironiquement. C'était la 4e fois que j'étais nommé, j'avais l'impression d'être le Poulidor de la Semana Negra. » Javier Negrete (pour Salamina) et Ismael Martínez Biurrum (avec Rojo alma, negro sombra) complètent la liste des lauréats dans les catégories roman historique et science-fiction.

Quant à l'envoyé spécial d'Ulyssemag.com, il termine avec cette dernière chronique sa semaine noire. Comme les années précédentes, il lui faudra plusieurs jours pour récupérer. Les nuits sont courtes par ici, mais les contacts nombreux, les histoires et les anecdotes également. Il ferme sa valise et embarque avec lui une trentaine de livres. Et des souvenirs. Les amis se disent au revoir et tous, sans exception, se donnent rendez-vous l'année prochaine, pour la 23e édition de la Semana Negra. Déconnexion.