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Festival reconnu internationalement, la Semana Negra est aussi un lieu où les livres se vendent. Petit tour d'horizon avec quelques-uns de ses libraires les plus emblématiques pour savoir ce que lisent les Espagnols.  

Marc Fernandez  


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A propos de l'auteur
Marc Fernandez

Stand de Negra y Criminal ©

Stieg Larsson, Michael Connelly et... Fred Vargas. Ces trois auteurs reconnus trustent les ventes depuis le début de la Semana Negra. Car on l'oublie rapidement, ici on lit et surtout on achète des livres. L'an dernier, 72 000 ont trouvé preneur, pour le plus grand bonheur de la trentaine de librairies installées sous de petites tentes blanches le long de l'allée principale du festival. Sur le stand de Negra y Criminal, la librairie de référence en matière de polar à Barcelone, Paco Camarasa, son propriétaire, n'arrête pas. Un conseil de lecture à un client ici, une accolade à un auteur par là et toujours la bonne humeur et la bouteille de (bon) vin à portée de main. « Le phénomène Millenium ne se dément pas, déjà l'an dernier nous avions beaucoup vendu. Mais Gijón est une ville de lecteurs. Les gens cherchent des nouveautés, des livres rares, des éditions épuisées, des ouvrages à un euro. Et tout ce qui a un lien avec l'Amérique latine. »

Quelques mètres plus loin, son collègue Fritz Glockner confirme. Auteur, professeur et ami de Taibo II, le Mexicain de Puebla se transforme en libraire tous les ans au mois de juillet pour proposer aux visiteurs une grande variété de livres provenant du Mexique et non distribués en Espagne. « Les ventes marchent mieux que l'année dernière précise-t-il. J'ai l'impression que les Espagnols sont un peu plus cools malgré la crise. Ici, ils cherchent les dernières sorties au Mexique, comme le dernier Monteverde ou le Jorge Moch, deux grands écrivains de polars de chez nous très mal distribués ici. » Difficile de parler plus de cinq minutes avec ces libraires sans être interrompu par un visiteur demandant conseil.

En face de la grande tente où se déroulent les débats avec les auteurs invités se trouve le stand de la grande librairie madrilène Estudio en Escarlata. Idéalement située, elle est l'une des plus grande vendeuse du festival. « Nous avons eu de la chance. A chaque fin de présentation, le public passe devant notre stand pour acheter le livre dont ils viennent d'entendre parler », explique tout sourire Concha, la responsable. De la chance, oui, car c'est un tirage au sort qui désigne les emplacements chaque année, afin d'éviter les problèmes. Chez Escarlata, l'un des romans noirs qui part le plus est celui d'un certain Alejandro M. Gallo, intitulé Operación Exterminio. Il faut dire que le bouche-à-oreille fonctionne parfaitement ici, Gallo étant le régional de l'étape et... le chef de la police locale.

De gros nuages noirs ont décidé de s'inviter à la fête aujourd'hui ainsi qu'un vent frais qui rappelle au journaliste que, même si nous sommes en juillet, nous sommes au nord de l'Espagne. Risque de pluie, d'orage et de gadoue ce soir pour la traditionnelle veillée de poésie qui réunit, tous les ans, plus de 500 personnes à une heure du matin. A cette heure-là, plusieurs auteurs seront sans doute couchés mais ne dormiront pas. Le lendemain matin, la Semana Negra dévoilera ses prix, le Hammet du meilleur polar en langue espagnol notamment. Rendez-vous donc demain pour la dernière chronique de ce festival hors norme. La connexion Internet, comme l'envoyé spécial, commencent à faiblir. Mais la motivation est toujours là. To be continued.