Souvenirs, souvenirs

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La journée d'hier fut marquée par l'hommage rendu à Paco Ignacio Taibo I, père du directeur du festival. Un grand journaliste, un grand auteur et, surtout, un grand monsieur.  

Marc Fernandez  


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Marc Fernandez

Taibo II durant l'hommage à son père © Marc Fernandez

Il est 22 heures dans l'enceinte du festival. Les derniers rayons de soleil disparaissent derrière les statues de Batman et de Sherlock Holmes. Depuis près d'une demie-heure, la foule afflue vers la grande tente des débats et présentation de livres. Ce soir est un soir à part pour la Semana Negra. Le festival rend hommage au père de sin directeur, Paco Ignacio Taibo I, décédé en novembre dernier à Mexico. Plus de 400 personnes s'entassent sous la tente qui ne peut accueillir tout le monde. De grandes photos en noir et blanc de l'auteur ont été installées sur l'estrade. Assis sur le zinc du bar de la grande tente, Taibo II, cigarette toujours au bec, serre dans ses bras Paloma, son épouse. Leur fille Marina sera sur scène ce soir, en compagnie de grands artistes comme Joan Manuel Serrat, Ana Belén, Victor Manuel ou encore le poète Luis García Montero. Et c'est sur un air de cornemuse, jouée par le musicien local Xuacu Amieva, que débute la soirée.

Angel de la Calle, directeur-adjoint du festival a pris les choses en main. C'est lui qui présente, qui raconte les anecdotes les plus drôles et émouvantes. Et surtout, qui précise : « ce n'est pas un hommage, mais une veillée de souvenirs. Taibo I ne voulait pas d'hommage. Il souhaitait qu'on joue de la cornemuse, qu'on lise ses textes et que nous soyions heureux. » Tout au long de la soirée, des extraits de ses livres ont donc été lus. Marina, sa petite-fille a ouvert le ban, très émue. Puis tous les invités se sont succédés au micro, les uns se contentant de lire leur texte, les autres rappelant un souvenir de leur grand ami. La foule de spectateurs était silencieuse à chaque lecture et la ponctuait par une salve d'applaudissements. Pour finir, Angel de la Calle dévoile la dernière surprise : la réédition d'un livre de poèmes de Taibo I consacrés à l'exil. Mais avant la distribution gratuite de cet ouvrage collector, un groupe de mariachis fait son apparition, pour clore une veillée en chanson. La ruée vers les livres e les autographes a duré une bonne heure, mais tout le monde a pu repartir avec un exemplaire, signé ou non. Une belle soirée pour un grand monsieur des lettres. Pudique, Taibo II, qui n'a pas bougé de son poste d'observation, a été trahi par quelques gestes d'émotion, tandis que les larmes coulaient sur les joues de Marina et Paloma.

Toute la troupe de la Semana Negra s'est ensuite dirigée vers la traditionnelle terrasse de l'hôtel Don Manuel, où elle a continué durant une bonne partie de la nuit à se souvenir de Taibo I. Le journaliste éreinté a, quant à lui, continué son travail, à la recherche des auteurs les plus intéressants, à la pêche aux informations et, surtout, à tenter de mettre en route un certain nombre de projets qui, espérons-le, verrons bientôt le jour. Demain, la Semana Negra continue avec son programme de débats, de rencontres et de présentations de livres. Dans deux jours, les prix littéraires seront remis. La tension commence à monter dans les travées du festival. A demain.