Île de Tenerife : randonnées dans l'intérieur
Europe |
Oubliez la côte défigurée de cette île espagnole et partez en randonnée à la découverte d’une nature sauvage et grandiose. |
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Pratique
Y allerAir France ou Iberia ont des vols directs Paris-Tenerife, sinon on peut les prendre jusqu'à Madrid et ensuite Air Europa de Madrid à Tenerife. Réservations sur AirFrance.com, Iberia.com, Air Europa.com (et au 902.401.501). Attention : il y a deux aéroports à Tenerife, assez éloignés l'un de l'autre.
Séjourner
L'agence Allibert organise un circuit de huit jours avec l'ascension du Teide. Entre 1095 et 1295 €.
Rens.: 0825.090.190.
www.allibert-trekking.com
À savoir
En hiver, la neige peut rendre la montée au Teide impraticable. Même en été il y fait froid, et le mal des montagnes peut s'y faire sentir, auquel cas la redescente doit être rapide. Le Teide n'est de toute façon accessible qu'avec un permis, que l'on se procure auprès des autorités du parc national. Il est gratuit, mais en cas de trop grande affluence, il peut être refusé.
Situation de l'île de Tenerife ©
Cet anneau balnéaire cache pourtant de multiples occasions de randonnées somptueuses. Vingt-huit espaces naturels protégés recouvrent 40 % de la surface de l'île, qui est sans doute la plus riche en balades de tout l'archipel. À tout seigneur tout honneur : tout tourne autour du volcan Teide, sis au milieu du parc national des Canadas del Teide, cône de lave à la cime souvent enneigée et qui s'offre le luxe, avec ses 3718 mètres, d'être le point culminant de toute l'Espagne.
On peut y monter avec un téléphérique fort décrié mais il est préférable de prendre le chemin et d'accéder au sommet soit en une journée de bonne montée soit en deux jours, avec une halte dans le confortable refuge d'Altavista, d'où les promeneurs s'égrènent à la fin de la nuit pour arriver au petit matin et profiter là-haut du lever du soleil.
Le regard y embrasse une désertique caldeira, dont la dominante ocre est déchirée par endroits des langues noires des coulées volcaniques. Au plus haut, l'étroit cratère dégage encore quelques fumerolles. Toute l'île se découvre, quand le temps le permet, et le soleil naissant projette sur l'écran blanc des nuages l'ombre gigantesque de la montagne.
Les îles volcaniques ont ceci d'émouvant qu'on y assiste toujours, dans des décors déchiquetés et grandioses, à la lente reconquête du minéral par le végétal. Paradis des botanistes, Tenerife affiche une diversité de paysages et une richesse florale impressionnantes. À l'aridité du sud répond, au nord, une luxuriance de lauriers et de bruyères arborescentes et des dizaines de fleurs endémiques : le bien-nommé pin des Canaries mais aussi la vipérine de Tenerife, un très joli oiseau de paradis, des dragonniers dont on tire une assez médiocre liqueur et, bien sûr, des cactées et des figuiers de barbarie en grand nombre.
Les alizés baignent l'île et lui assurent cette flamboyance.
À l'ouest, le massif du Teno est l'occasion de descendre d'impressionnantes barrancos, gorges volcaniques qui glissent jusqu'à la mer. Les canyons se succèdent, entourés de lourdes parois noires hélas impraticables à l'escalade car trop fragiles. On finit par arriver non loin des falaises de Los Gigantes, parmi les plus hautes d'Europe.
Au nord-est, le massif de l'Anaga est tout aussi spectaculaire mais beaucoup plus verdoyant : on peut y remonter des canaux creusés dans la montagne par les habitants pour assurer leur alimentation en eau, travail colossal et vertigineux. Là se trouve une forêt primaire de laurisylve. L'amateur sera comblé, à la condition qu'il accepte de conquérir les hauteurs et de s'arracher à l'émolliente ambiance de la côte. Marcher plus pour profiter plus, en somme.



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