Les mirages de Volubilis l’Antique
Afrique |
À quelque 70 kilomètres de Fès, l'ancienne cité romaine de Volubilis vaut bien d'y faire étape, le temps de découvrir une époque méconnue de l'histoire du royaume chérifien. |
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Pratique
Paris/Fès à partir de 220 € avec la Royal Air Maroc. Deux heures de vol. Volubilis se trouve à 70 kilomètres de Fès et 35 kilomètres de Meknès. De bonnes routes,paysage superbe.Prix de la visite : 20 dirhams (1,77 €).
Possibilité de loger sur place au Volubilis Inn 4, à deux pas du site. À partir de 54 €.
www.sitedevolubilis.com
Situation de Volubilis ©
Au temps de sa splendeur, Volubilis aurait compté entre 10 000 et 20 000 habitants, pour moitié des esclaves, la plupart autochtones, les autres originaires de régions plus orientales, d'Asie Mineure, de Syrie ou de Palestine. Les Romains, eux, ne représentaient probablement qu'une poignée d'habitants, tous hauts fonctionnaires, marchands ou officiers installés là provisoirement. La cité tirait alors sa richesse de l'huile d'olives produite dans des huileries installées en son cœur. Un pressoir, réaménagé dans l'enceinte, permet d'ailleurs d'apprécier des techniques anciennes finalement assez semblables à celles aujourd'hui pratiquées dans tout le bassin méditerranéen.
Les Marocains ont pris l'habitude de venir pique-niquer en famille au milieu de ces pierres adoucies par les outrages des hommes. Pour bâtir leurs palais royaux, les souverains chérifiens sont en effet longtemps venus se servir dans la cité antique. Des colonnes entières ont ainsi disparu : elles ornent désormais les palais de Meknès. La superbe statue d'éphèbe qui décorait autrefois une riche villa de Volubilis est aujourd'hui exposée au musée de Rabat. Autre outrage, naturel celui-là, le séisme de 1755, qui a détruit Lisbonne et provoqué l'indignation de Voltaire. Volubilis et Meknès avaient à l'époque été particulièrement touchées par la catastrophe.
Aujourd'hui, Volubilis paraît singulièrement dépouillée, mais elle donne ainsi naissance à un monde imaginaire et se prête idéalement à toutes les flâneries. Dans ses vastes thermes, le guide se prend à imaginer pour ses visiteurs quelques conversations entre les riches Romains décédés il y a deux mille ans. La chaleur accablante contribue aussi à susciter des "mirages", à donner vie à des visions d'édiles qui arpentent en toge le decamanus maximus, la prestigieuse artère qui traverse la cité de part en part. Elle était autrefois bordée d'un portique sous lequel se nichaient les boutiques, à deux pas des villas les plus somptueuses.
Ceux qui souhaitent se protéger des mirages consécutifs aux insolations les plus fortes doivent à tout prix se munir d'un couvre-chef, notamment d'un chapeau de paille, en location sur place. Après la balade sous un soleil de plomb - il fait près de 40 °C à l'ombre en été -, ils auront tout loisir de prendre de la hauteur, à deux pas de là. En prenant la route d'Ifrane et de sa forêt de cèdres. Un écrin de fraîcheur, à 1 600 mètres, au cœur du pays berbère. Avec les chants des oiseaux pour seule compagnie.



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