Escapade dans le Tel-Aviv des jeunes artistes
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Pratique
Y allerPour Tel-Aviv, compter environ 300 € avec escale (sur Malev, via Budapest), ou 450 €, vol direct sur Air France (4h30 de vol).
Se renseigner
Office de tourisme d'Israël
94 rue Saint-Lazare, 75009 Paris
Tél. : 01.42.61.01.97.
www.otisrael.com
Situation de Tel-Aviv ©
Mais ce n'est pas là la seule explication. Jadis porté vers un certain cabotinage expressionniste, l'art israélien a tout à coup acquis une nouvelle qualité : le sens de l'humour. "Nous ne parlons pas tous d'occupation et de victimisation", explique Joshua Simon, 29 ans, commissaire d'exposition et vice-rédacteur en chef d'un magazine d'art. Nous sommes chez Orna and Ella, un café de Sheinkin Street, une rue branchée à la lisière du cœur de Tel-Aviv. "Israël pense que le problème, ce sont les Palestiniens, poursuit-il. Pour les artistes, c'est l'occupation. L'humour a un rôle important à jouer."
Sigalit Landau travaille dans deux ateliers de Florentin, un quartier bohème délabré du sud du centre de Tel-Aviv. L'endroit est une combinaison étonnante d'immeubles d'habitation de style Bauhaus et d'usines bordant des ruelles qui s'animent tard dans la soirée, quand des boîtes de nuit comme Comfort 13 ouvrent leurs portes couvertes de graffiti. Au grand dam de l'artiste, le charme du quartier (et ses loyers bon marché) est en train de disparaître, sapé par de nouveaux aménagements urbains. Si une partie de la ville conserve son air miteux, des efforts de préservation encouragés par l'inscription au Patrimoine mondial de l'Unesco, en 2003, de la Ville blanche, un quartier aux centaines d'édifices de plâtre blanc de style Bauhaus, redonnent vie aux rues bordant le Rothschild Boulevard. "Je ne veux pas que cela devienne un Disneyland du Bauhaus", déplore Mati Broudo, propriétaire de la Brasserie M. & R, un restaurant couru, face à la place où fut assassiné Yitzhak Rabin en 1995.
Il y a peu encore, l'art israélien traitait exclusivement de la guerre et du conflit avec les Palestiniens, "parce que c'est ce qui intéressait les galeries étrangères", souligne la directrice du Herzliya Museum of Contemporary Art, Dalia Levin. "Les artistes produisant des œuvres ouvertement politiques sont ceux qui rencontrent le plus vite le succès, parce que c'est ce que cherche le public", confirme Deganil Berest, 59 ans, l'une des figures les plus admirées de l'art israélien. "C'est comme ces gens qui vont à Bali en s'attendant à voir les habitants danser. Cela m'agace profondément." C'est sans doute pourquoi les artistes de moins de 40 ans boudent la peinture et la sculpture au profit de la vidéo numérique. Pour Noam Segal, 27 ans, directeur de la galerie Rothschild 69, "l'intérêt pour les techniques plus modernes naît d'une volonté inconsciente de refouler l'‘israélitude' et de revendiquer un art plus personnel". L'artiste Irit Batsry, qui vit à New York depuis les années 1980 et vient de retourner à Tel-Aviv, est plus pragmatique : "En Israël, où la situation change parfois très rapidement, la vidéo permet de réagir immédiatement. C'est la façon la plus rapide d'être pertinent."



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