Visite chez les Algonquins
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Situé à 3 km d’Amos, le village de Pikogan abrite 450 habitants. Comme d’autres communautés autochtones au Québec, ils se sont organisés pour sauvegarder leur langue et leur culture. |
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Vue du village de Pikogan. ©
Le combat est loin d’être gagné. «Seulement 60% des gens parlent algonquin, indique André Mowatt, chargé du développement touristique de Pikogan, les grands-parents ne peuvent plus communiquer avec leurs petits-enfants.» L’histoire a laissé des traces… Il faut écouter André Mowatt évoquer ses années passées dans un pensionnat, à une époque où le Québec était obsédé par l’assimilation de ses populations autochtones. «J’y suis resté de 1962 à 1965, j’avais 7 ans quand j’y suis entré. On m’a coupé les cheveux le premier jour de mon arrivée et on m’a interdit de parler ma langue natale. On ne m’appelait pas par mon prénom mais par un numéro, le 24. On n’arrêtait pas de prier, le matin, au déjeuner, l’après-midi, le soir. L’ambiance était sévère… Il m’est arrivé de me retrouver à genoux, les bras en l’air, avec des coups de pied dans le dos. Dans les couloirs, on n’entendait que des pleurs… Certains enfants restaient dix mois dans le pensionnat.» Résultat de cette politique, aujourd’hui révolue : une acculturation et des difficultés pour les autochtones à s’insérer dans la société québécoise moderne. «Il y a vingt ans, 80% des habitants de Pikogan étaient au chômage», rappelle André Mowatt. Aujourd’hui, le village développe des activités touristiques en proposant des sorties en canoë sur la rivière Harricana et une exposition permanente sur l’histoire des Algonquins au sous-sol de son bureau d’accueil. Les visiteurs de passage peuvent aussi faire un tour à l’église Ste-Catherine. Baptisée du nom de Kateri Tekakwitha, la première Amérindienne à se convertir au catholicisme, elle vaut le détour. En forme de tipi, elle abrite quelques pièces étonnantes : une chasuble en peau d’orignal, un crucifix tressé avec des racines médicinales, une série de tambours décorés de personnages en lanières de cuir illustrant le chemin de croix…
Contact : (00.1) 819 732.3350.
www.pikogan.com



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