Dans le sillage du P’tit Train du Nord
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Été comme hiver, les Québécois parcourent les 200 kilomètres de cette étrange coulée verte, bordée de gares transformées en restaurants et en bistrots. |
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Carte générale de la coulée verte. ©
Au milieu du XIXe siècle, un vaste mouvement d’exode vide les campagnes québécoises, poussant quelque 500 000 jeunes Canayens (Canadiens français) vers les nouvelles villes industrielles des autres provinces du pays et des États-Unis. En 1868, un jésuite du nom de François-Xavier Antoine Labelle, curé du village de Saint-Jérôme, au nord de Montréal, engage le gouvernement à enrayer ce dépeuplement catastrophique et entreprend d’ouvrir à la colonisation le “pays d’en haut”. L’année suivante, une loi crée la Compagnie du chemin de fer de colonisation du nord de Montréal, qui contribuera à mettre en valeur les immenses étendues vierges du nord de la province, et notamment la chaîne des Laurentides.
Au début des années 1930, cette ligne, passée sous le contrôle de la compagnie du Canadien Pacifique et rebaptisée le “P’tit Train du Nord”, avait trouvé une nouvelle vocation : tous les week-ends, elle emmenait des foules de Montréalais vers les Laurentides, grand rendez-vous des fêtards, des familles et des skieurs. Le vendredi soir, il y avait parfois six ou sept départs de Montréal, avec des trains de dix à onze voitures prises d’assaut par les skieurs. Les villages et hameaux de montagne allaient ainsi connaître un extraordinaire essor économique.
Mais la démocratisation de la voiture individuelle devait bientôt sonner le glas du P’tit Train du Nord : dans les années 1950 et 1960, la ligne, déficitaire, fut de moins en moins bien desservie et finit par fermer en 1989. Des entrepreneurs locaux décidèrent alors de lui inventer une nouvelle vie et, quelques années plus tard, l’ancienne voie ferrée devenait une immense coulée verte entièrement consacrée aux loisirs. Aujourd’hui, ce que les gens du pays appellent le “Parc linéaire du P’tit Train du Nord” est une grande piste polyvalente qui s’étire sur 200 km, entre Saint-Jérôme et Mont-Laurier. L’architecture des vieilles gares a été préservée et ces édifices abritent aujourd’hui des offices du tourisme, des magasins de cycles, des boutiques et des cafés. C’est le plus long parc linéaire d’Amérique du Nord. Son tracé relie un réseau de villages, de hameaux, de paroisses, de bourgades et de fermes dans l’un des paysages naturels les plus paradisiaques du continent.
Le parc du P’tit Train du Nord est ouvert à tous : randonneurs, marcheurs, cyclistes, skieurs, patineurs, amateurs de skateboard, de luge ou de raquettes. Les motoneiges ne sont en revanche autorisées que sur la section septentrionale de la piste, entre Labelle et Mont-Laurier.
Le long de la piste, le visiteur trouve des points de location de matériel, de charmantes auberges, des cafés, des patinoires, des boutiques, des galeries d’art, et peut profiter d’un vaste éventail d’activités et d’animations.
Le parc déploie un magnifique paysage de collines onduleuses et de sommets escarpés, de cascades et de rivières au cours capricieux, peuplé d’une galerie d’animaux sauvages qui traversent parfois le chemin, pour le plus grand ravissement des promeneurs. Étrangement, la piste n’a jamais l’air d’être trop fréquentée, pas même au plus fort de la saison estivale, ni à l’époque du rush de l’été indien, où les citadins viennent admirer les forêts qui s’embrasent de couleurs fauves. Les usagers empruntent des corridors aménagés pour chaque type d’activité. Pour la plupart, la balade dure quelques heures mais quelques forcenés font durer le plaisir bien plus longtemps. D’autres viennent prendre un bol d’air frais et, satisfaits de constater que leur belle nature est toujours là, s’engouffrent dès leur arrivée dans les boutiques, les cafés ou les galeries d’art.
Certaines familles improvisent une randonnée. D’autres, au lieu de suivre la piste cyclable, choisissent une descente en eaux vives ou une excursion en kayak sur la rivière. Et pour clore la journée en beauté, les plus fortunés s’offriront une halte dans l’un des nombreux centres thermaux de la région, tel le spa du luxueux hôtel Quintessence, seul établissement donnant directement sur le lac Tremblant.
Les “becs-fins” ramèneront de leur excursion une moisson de recettes originales car, dans ses lacets filant par les vallées encaissées et les gorges du Bouclier canadien, la piste passe par les meilleures tables des Laurentides. La première étape gastronomique est le “Café de la Gare” à Sainte-Adèle, un mélange rocambolesque de bistrot, table d’hôte, magasin de cycles et centre de guides de forêt. Dans cette ambiance bohème, un personnel souriant accueille les visiteurs parmi une foule de personnages hauts en couleur qui assurent le spectacle. En hiver, on vient y déguster une délicieuse fondue au fromage.
Au début des années 1930, cette ligne, passée sous le contrôle de la compagnie du Canadien Pacifique et rebaptisée le “P’tit Train du Nord”, avait trouvé une nouvelle vocation : tous les week-ends, elle emmenait des foules de Montréalais vers les Laurentides, grand rendez-vous des fêtards, des familles et des skieurs. Le vendredi soir, il y avait parfois six ou sept départs de Montréal, avec des trains de dix à onze voitures prises d’assaut par les skieurs. Les villages et hameaux de montagne allaient ainsi connaître un extraordinaire essor économique.
Mais la démocratisation de la voiture individuelle devait bientôt sonner le glas du P’tit Train du Nord : dans les années 1950 et 1960, la ligne, déficitaire, fut de moins en moins bien desservie et finit par fermer en 1989. Des entrepreneurs locaux décidèrent alors de lui inventer une nouvelle vie et, quelques années plus tard, l’ancienne voie ferrée devenait une immense coulée verte entièrement consacrée aux loisirs. Aujourd’hui, ce que les gens du pays appellent le “Parc linéaire du P’tit Train du Nord” est une grande piste polyvalente qui s’étire sur 200 km, entre Saint-Jérôme et Mont-Laurier. L’architecture des vieilles gares a été préservée et ces édifices abritent aujourd’hui des offices du tourisme, des magasins de cycles, des boutiques et des cafés. C’est le plus long parc linéaire d’Amérique du Nord. Son tracé relie un réseau de villages, de hameaux, de paroisses, de bourgades et de fermes dans l’un des paysages naturels les plus paradisiaques du continent.
Le parc du P’tit Train du Nord est ouvert à tous : randonneurs, marcheurs, cyclistes, skieurs, patineurs, amateurs de skateboard, de luge ou de raquettes. Les motoneiges ne sont en revanche autorisées que sur la section septentrionale de la piste, entre Labelle et Mont-Laurier.
Le long de la piste, le visiteur trouve des points de location de matériel, de charmantes auberges, des cafés, des patinoires, des boutiques, des galeries d’art, et peut profiter d’un vaste éventail d’activités et d’animations.
Le parc déploie un magnifique paysage de collines onduleuses et de sommets escarpés, de cascades et de rivières au cours capricieux, peuplé d’une galerie d’animaux sauvages qui traversent parfois le chemin, pour le plus grand ravissement des promeneurs. Étrangement, la piste n’a jamais l’air d’être trop fréquentée, pas même au plus fort de la saison estivale, ni à l’époque du rush de l’été indien, où les citadins viennent admirer les forêts qui s’embrasent de couleurs fauves. Les usagers empruntent des corridors aménagés pour chaque type d’activité. Pour la plupart, la balade dure quelques heures mais quelques forcenés font durer le plaisir bien plus longtemps. D’autres viennent prendre un bol d’air frais et, satisfaits de constater que leur belle nature est toujours là, s’engouffrent dès leur arrivée dans les boutiques, les cafés ou les galeries d’art.
Certaines familles improvisent une randonnée. D’autres, au lieu de suivre la piste cyclable, choisissent une descente en eaux vives ou une excursion en kayak sur la rivière. Et pour clore la journée en beauté, les plus fortunés s’offriront une halte dans l’un des nombreux centres thermaux de la région, tel le spa du luxueux hôtel Quintessence, seul établissement donnant directement sur le lac Tremblant.
Les “becs-fins” ramèneront de leur excursion une moisson de recettes originales car, dans ses lacets filant par les vallées encaissées et les gorges du Bouclier canadien, la piste passe par les meilleures tables des Laurentides. La première étape gastronomique est le “Café de la Gare” à Sainte-Adèle, un mélange rocambolesque de bistrot, table d’hôte, magasin de cycles et centre de guides de forêt. Dans cette ambiance bohème, un personnel souriant accueille les visiteurs parmi une foule de personnages hauts en couleur qui assurent le spectacle. En hiver, on vient y déguster une délicieuse fondue au fromage.
Le P’tit Train du Nord a ceci d’exceptionnel qu’il ne ferme jamais vraiment. Même après une chute de neige homérique, la piste fait encore les délices des skieurs et des amateurs de motoneige. S’il est vrai qu’entre la fin octobre et les premières neiges, le temps maussade décourage beaucoup de cyclistes, les plus mordus ne se laissent arrêter ni par la pluie ni par la neige.
Dès qu’ils parlent de “leur” piste, les Québécois s’emballent : quand ils ne pestent pas contre la pléthore de règlements qui changent d’une commune à l’autre, ils s’indignent de son état, polémiquent sur l’entretien, vitupèrent contre l’accès accordé aux “intrus”, et râlent sur l’insuffisance des équipements. Ces récriminations alimentent d’interminables débats dans les bistrots du coin. Ici comme ailleurs, impossible de plaire à tout le monde. Néanmoins, les Québécois sont unanimes à saluer leur P’tit Train du Nord, qui ouvre une fenêtre unique sur un petit bout de paradis…
Dès qu’ils parlent de “leur” piste, les Québécois s’emballent : quand ils ne pestent pas contre la pléthore de règlements qui changent d’une commune à l’autre, ils s’indignent de son état, polémiquent sur l’entretien, vitupèrent contre l’accès accordé aux “intrus”, et râlent sur l’insuffisance des équipements. Ces récriminations alimentent d’interminables débats dans les bistrots du coin. Ici comme ailleurs, impossible de plaire à tout le monde. Néanmoins, les Québécois sont unanimes à saluer leur P’tit Train du Nord, qui ouvre une fenêtre unique sur un petit bout de paradis…



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