Les danses traditionnelles de l'Inde du Sud

 

Un art ancestral, développé à partir du XII° siècle, mais qui a su perdurer. Et nous enchante encore...

 

Des danses inspirées

Originaire du Kerala, le mohini attam est une danse sensuelle interprétée par les femmes. Son nom signifie « danse de l\'enchanteresse ». Son origine s\'inscrit dans la mythologie hindoue: le dieu Vishnu, garant de l\'ordre du monde, prit à plusieurs reprises l\'apparence séductrice de Mohini pour vaincre les démons. Ampleur des mouvements et douceur des courbes, ce style est dominé par des sentiments d\'amour et de dévotion. C\'est encore la musique qui rythme les pas plus énergiques du bharata natyam, la “ danse des servantes divines ” du Tamil Nadu, inspirée des « 108 pas de Shiva ». Chacune des danseuses, harnachée de grelots aux pieds se doit alors de saluer Shiva, sous les trait du dieu de la danse, Nataraja. Véritable science deux fois millénaire, le bharata natyam est sorti récemment des temples pour se rendre sur les scènes profanes, séduisant ainsi les chorégraphes contemporains. Et cela sans oublier l\'ordre établi par la tradition.

Un art de la rigueur

Du nom d\'un village de l\'état de l\'Andhra Pradesh, le kuchipudi était autrefois réservé aux brahmanes qui seuls pouvaient tenir les rôles féminins. En 2008, ce n\'est plus le cas: les femmes sont désormais dans la place, mais toute représentation débute encore par les prières et les offrandes traditionnelles. Dans ces chorégraphies, le moindre clignement d\'œil a un sens. Et ce n\'est pas un hasard si toutes ces danses sont enseignées par des gourous, les nattuvanars, qui inculquent cet art de la rigueur. Cette exigence demeure le socle nécessaire pour innover en solo, pour la beauté du geste. Il en va ainsi du kathakhali, et de son ancêtre le kutiyattam, deux théâtres dansés , qui convoquent dieux, héros et démons, dans une scénographie très précise.

Laissez-vous envoûtez par le kathakhali

La forme actuelle de cette danse singulière remonte au XVIIe siècle et son nom vient des mots « katha », histoire, et « kali », jeu. Ce théâtre dansé est seulement interprété par des hommes issus de la caste des Nayars, guerriers et propriétaires terriens. Le non-initié, doit, pour assister à une représentation de kathakali, modifier son regard et… s\'armer de patience. Il ne faut pas chercher à tout décrypter. Le moindre haussement de sourcil, la plus simple ponctuation du pied tendu vers le ciel, la couleur subtile du maquillage, chaque détail compte dans ce théâtre suggestif. A commencer par les fameux mudras, signes de la main qui témoignent d\'une technique aux origines immémoriales, fixée il y a plus de 3000 ans par les textes védiques. Tout est dit, rien n\'est explicité, dans cet art de la métaphore et du sens caché où les symboles jouent sur plusieurs degrés.

Jacques Denis

Art martial védique

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