Le kalaripahyat, art martial vedique
“ Le corps devient un œil et l'œil devient une arme ”, dit un proverbe du Kerala. On ne saurait mieux caractériser le kalaripahyat, un art martial longtemps réservé aux guerriers.
Une chorégraphie de la guerre
Pratiqué en secret pendant la période britannique, le kalaripahyat est ressorti au grand jour à la faveur des mouvements nationalistes indiens. “ Il n\'y a ni vainqueur ni vaincu. Ce n\'est pas une compétition. ”, résume le maître, assis à l\'ombre d\'un manguier qui trône au milieu d\'une palmeraie de sable fin. Cette forme de combat, véritable chorégraphie de la guerre en rase campagne, mime la gestuelle des animaux sauvages, ce qui peut évoquer les pratiques de la capoeira, ou plus encore de Shaolin.
Une mise en scène protocolaire
“ Chaque maître est associé à une école, qui transmet ses mouvements. Avec moi, c\'est le souffle qui prime. ” Auprès d\'un autel de sept marches qui symbolisent sept divinités et autant de niveaux de connaissance, ce vieux maître officie en lisant un texte immémorial. Il commande et commente les figures exécutées par ses disciples. Sur le kalari, terrain de jeu rectangulaire orienté d\'Est en Ouest, les plus aguerris d’entre eux combattent deux par deux suivant un protocole strict. A mains nues, les deux pieds en l\'air, avec des bâtons, des sabres sculptés, des couteaux ciselés, des lances de métal, des boucliers ou des épées, les dix élèves combinent dans un même élan la grâce de la danse et la force du combat. “ Toutes les formes d\'art du Kerala ont une relation étroite avec le kalaripahyat. ”
Jacques Denis

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