Inventeur allemand du serial killer
Rendu célèbre par ses Confessions d’un mangeur d’opium anglais, traduites par Charles Baudelaire, Thomas de Quincey était un grand consommateur de laudanum et d’opium, ce qui ne l’a pas empêché d’écrire une grande œuvre et de vivre jusqu’en 1859.
Il s’est éteint à 74 ans, après avoir donné naissance à huit enfants. Ce Britannique avait plus d’une corde à son arc, car c’est sans doute l’inventeur de la figure du « serial killer » dès 1838, trois ans avant Le double assassinat dans la rue Morgue d’Edgar Allan Poe. « Son vengeur » vient d’être publié en français et Didier Daeninckx, grand auteur de polars, lui rend un hommage appuyé: « Tous les crimes se déroulent en chambre et la chute du récit, terrifiante, est d’une dimension politique on ne peut plus actuelle ». Son roman prend racine dans des pogroms en Allemagne: à travers le destin d’un homme dont la famille a été assassinée, Thomas de Quincey dépeint une Allemagne du début du XIXème où d’autres violences sont prêtes à se déchaîner. Dans un style moderne, des plus dépouillés, il traduit si bien les pulsions de mort qui taraudent l’âme humaine.
P.C.
Le vengeur de Thomas de Quincey
5 euros (Ed Baleine)


