CONCERT Sur les traces d Ulysse

 

Du mardi 5 au mardi 12 juin, la Cité de la Musique vous propose de suivre les traces musicales d’Ulysse.Versions classiques avec Claudi Monteverdi et Jean-Féry Rebel ou versions modernes avec Luciano Berio rt Rebecca Saunders.

 

Ulyssemag.com - CONCERT Sur les traces d Ulysse

Mardi 5 juin 2007 à 20h00

Il ritorno d’Ulisse in patria, opéra écrit par Claudio Monteverdi

Le cycle commence avec Il ritorno d’Ulisse in patria, le premier opéra en trois actes écrit par Claudio Monteverdi pour Venise en 1640. Après le prologue allégorique qui présente la Fragilité humaine tentée par le Temps, la Fortune et l’Amour, le premier acte s’ouvre avec Pénélope se lamentant de la longue absence d’Ulysse : son monologue (Di misera regina) est un récitatif scandé par des airs récurrents qui accentuent le mot « retour » (ritorno).

Les actes deuxième et troisième présentent les étapes de ce retour étrangement différé. Après l’arrivée de Télémaque (son voyage dans le char de Minerve est décrit par les mouvements ondulants de la musique), Ulysse se dévoile à son fils et ils entament tous deux un duo de retrouvailles d’une remarquable liberté mélodique et rythmique.

Vendredi 8 juin 2007 à 20h00

L\'Entretien des Muses

Le Naufrage d’Ulysse fait partie des Cantates françoises op. 6, publiées par Jean-Baptiste Morin en 1712. Morin est généralement considéré comme le pionnier de ce genre importé d’Italie. Dans la préface à son précédent recueil, publié en 1706 et dédié au duc d’Orléans, il expliquait ainsi sa volonté de conserver la douceur de la mélodie française tout en variant les accompagnements, les tempos et les modulations selon le modèle de la cantate italienne.

À ce genre naissant, Louis Nicolas Clérambault donnera bientôt ses lettres de noblesse, avec ses Cantates françoises à I. et II. voix avec simphonie et sans simphonie (1710). Polyphème en fait partie, qui met en scène le Cyclope enivré puis rendu aveugle par Ulysse.

Samedi 9 juin 2007 à 20h00

Ulysse, tragédie lyrique de Jean-Féry Rebel

L’Ulysse de Jean-Féry Rebel (1666-1747), avec son prologue et ses cinq actes, fut donné à l’Opéra de Paris le 23 janvier 1703. Le livret d’Henry Guichard, d’après Homère, relate le retour d’Ulysse à Ithaque, où Circé, toujours éprise de lui, tente de le reconquérir par la magie. Les dieux jouent un rôle actif pour contrer le projet de Circé : Junon empêche Pénélope de succomber à son prétendant Urilas, Mercure libère des ténèbres les compagnons d’Ulysse, et Minerve sauve Télémaque. Si bien que l’opéra s’achève dans le triomphe de l’amour sur le mal. Rebel a suivi le cadre formel des tragédies lyriques de Lully, en incluant notamment des scènes qui se prêtent au merveilleux. Mais son écriture orchestrale annonce aussi Rameau, notamment lorsqu’elle évoque batailles, tremblement de terre ou tempêtes.

Ulysse ne sera pas repris à l’Opéra après sa création. On en trouve d’ailleurs des passages cités dans le pastiche d’André Campra et Antoine Danchet, Télémaque ou Les Fragments des modernes (1704), un pot-pourri composé à partir de tragédies lyriques n’ayant connu qu’une seule représentation. Coproduction festival Musiques à la Chabotterie, La Simphonie du Marais.

Dimanche 10 juin 2007 à 16h30

Solistes de l\'EIC, hommage à Joyce
C’est depuis sa résurrection chez James Joyce que la figure d’Ulysse a de nouveau hanté l’imaginaire des musiciens. À partir des années 50 et jusqu’à aujourd’hui, comme en témoigne le récent Molly’s Song de Rebecca Saunders (1995).

Dans Présence, un « ballet blanc en cinq scènes » pour trio et récitant (1961), c’était ainsi l’Ulysse de Joyce que Zimmermann associait au violoncelle, tandis que le violon était Don Quichotte, le piano incarnant le roi Ubu. Et Berio, avec son célèbre Thema - Omaggio a Joyce (1958, pour bande), puisait son matériau verbal dans le chapitre du roman consacré aux sirènes, que l’écrivain qualifiait lui-même de fugue. Superposant à elle-même la voix enregistrée de Cathy Berberian, Berio l’a travaillée selon une analyse phonologique qui la divise en familles consonantiques et vocaliques.

Mardi 12 juin 2007 à 20h00

Ulysse romantique

« Le Prélude à l’après-midi d’un faune ? cher Monsieur, c’est peut-être ce qui est resté de rêve au fond de la flûte du faune… », écrivait Debussy à un critique en 1895. Paul Dukas saura recueillir les échos de ce rêve en 1920, dans son bel hommage pianistique à Debussy, La Plainte, au loin, du faune.

Qu’elle évoque le dieu Pan et sa syrinx ou d’autres personnages de la mythologie grecque – tel Linos, le frère d’Orphée, qui donne son titre au Chant de Jolivet en 1944 –, la flûte aura connu de nombreux visages au XXe siècle. L’un des derniers est celui de l’Ulysse d’André Boucourechliev en 1980, qui semble transposer la navigation du héros homérique au sein de la structure même de l’oeuvre : c’est une véritable cartographie qu’il propose au flûtiste, avec une partition en forme d’espace navigable.

Pour plus d’informations :

Cité de la musique Cycle Ulysse, 2 opéras et 2 concerts Du mardi 5 juin au mardi 12 juin 221, avenue Jean Jaurès 75019 Paris Tél : 01 44 84 44 84

www.cite-musique.fr

Tarifs : de 17 à 38 euros

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